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 Nourrir 9 milliards d'hommes en préservant la planète

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carmelo
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MessageSujet: Nourrir 9 milliards d'hommes en préservant la planète   Lun 19 Oct - 21:28

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Nourrir 9 milliards d'hommes en préservant la planète ? [Fr]

Béatrice Héraud
Novethic (France)
Le 09-10-2009 (Publié sur internet le 19-10-2009)


En 2050, la planète comptera 9 milliards d'individus, soit 2 milliards de plus qu'aujourd'hui à nourrir. Les récentes émeutes de la faim nous ont montré que la sécurité alimentaire était pourtant loin d'être acquise. Qui plus est en respectant l'environnement. Selon un travail prospectif du Cirad et de l'Inra, l'objectif pourrait être atteint, mais avec des changements radicaux.

2050 : les 9 milliards d’habitants que compte la planète peuvent manger à leur faim et les habitants de chaque région du monde disposent de 3000 kcal/hab/jour pour se nourrir. C'est en tous cas le scénario imaginé par le Cirad et l’Inra. Dans ce travail prospectif, le régime alimentaire est diversifié et reste distinct selon les pays. Seule la consommation de viande est limitée à 15% des kilocalories ingurgitées. Mais il s'agit là d'un changement radical. Car si l’on revient 40 ans en arrière, à notre époque donc, les pays développés disposent d'en moyenne de 1000 kcal/hab/jour supplémentaires, tandis que les populations du Sud se contentent d’autant en moins…

Selon les chercheurs, ce nouvel équilibre est en partie atteint en limitant les pertes entre la production et la consommation de nourriture qui représente 30% de la production en 2009 dans les pays développés. De plus, en 2050, le modèle agro-industriel imaginé dans le scénario repose sur des circuits courts et un vivier de PME agricoles et de transformation - surtout dans les pays en développement. Pour les chercheurs, ce mouvement, à rebours de la concentration observée au début des années 2000, pourrait être impulsé par les grandes firmes qui, sous la pression des ONG et des associations de consommateurs, auront mieux pris en compte la responsabilité sociale de leur entreprise…

Enfin, pour assurer la production des denrées, une agronomie écologiquement intensive a été développée. La surface agricole a crû de près de 40% par rapport à 2000 mais les espaces forestiers ont été protégés au maximum: les forêts n’ont perdu qu’1% de leur superficie. En revanche, les pâturages, devenus les variables d’ajustement, ont été réduits de 15%.

Un scénario idéaliste ?

Intitulé Agrimonde , ce scénario qui semble idéal montre que nourrir convenablement les 9 milliards d’habitants de la planète en 2050 est possible et ce, dans le cadre d'un développement durable des systèmes alimentaires et agricoles mondiaux. Il ne prédit pas l’avenir mais pose les bases d’une réflexion en se demandant comment réaliser davantage de croisements entre agronomie et écologie, deux disciplines qui se sont longtemps développées chacune de leur côté , explique la présidente de l’Inra, Marion Guillou. Le scénario est en effet bâti à l’envers dans le sens où les chercheurs ont d’abord posé les conditions – 3000 kcal/hab/jour tout en préservant l’environnement– avant d’en explorer la faisabilité. Pour cela, ils s’appuient sur des données quantitatives, une rétrospective de l’évolution du système alimentaire entre 1961 et 2003, ainsi que sur des avis d’experts pour intégrer notamment l’impact du changement climatique.

Le changement climatique pèse sur la sécurité alimentaire

A l’avenir, le changement climatique sera l’un des plus grands défis que devra relever l’agriculture pour nourrir la population mondiale , estime la FAO dans un rapport publié fin septembre. Et ce seront les régions les plus pauvres ayant les niveaux les plus élevés de faim chronique qui seront les plus impactées. Résultat : les pays en développement pourraient voir leur productivité agricole potentielle chuter de 9 à 21 %. Certaines zones comme l’Afrique subsaharienne vont alors accroître leur dépendance envers les importations alimentaires. Par ailleurs, elle chiffre à 83 milliards de dollars par an les investissements nécessaires pour nourrir les 9,1 milliards de personnes en 2050, soit une augmentation de 50%.

Plusieurs freins ont toutefois été identifiés. En premier lieu les changements d’habitudes alimentaires, qui sont en totale rupture avec celles que nous connaissons actuellement. Par exemple, le gaspillage des denrées entre l’acte d’achat et de consommation dans les pays développés peut-il être suffisamment réduit ? Est-il envisageable de voir la courbe des adultes en surpoids (censée atteindre 3 milliards en 2050, dont 1 milliard d’obèses) s’infléchir ? Concernant les rendements ensuite, l’exercice s’appuie, entre autres, sur une moindre consommation d’énergies fossiles et d’engrais ainsi qu’une meilleure valorisation des sols. Mais tout cela n’est pas encore bien établi et nécessite recherches et expérimentations, tant scientifiques que paysannes… , précisent les chercheurs en ajoutant que cela rend indispensables des investissements considérables …

Une base de négociation


La question alimentaire est très complexe (…) mais cette complexité ne doit pas effrayer et conduire à l’immobilisme, expliquent les deux centres de recherche dans un communiqué. La démarche prospective invite à anticiper les défis qui s’annoncent au-delà de la situation présente. De fait, les travaux d’Agrimonde ont déjà commencé à être présentés dans différentes institutions à l’étranger. Car depuis les émeutes de la faim en 2008, la question de la sécurité alimentaire est enfin devenue un vrai sujet de réflexion, et les deux centres de recherche entendent bien apporter leur pierre aux négociations qui commencent à voir le jour.
Car l’un des apports essentiels de ce travail est de montrer qu’il sera indispensable de développer encore davantage les échanges internationaux des produits agricoles et alimentaires au cours des prochaines décennies. L’articulation entre régulations environnementales et régulations commerciale sera donc nécessaire , précise la synthèse des travaux. Les auteurs imaginent d’ailleurs une régulation des échanges des biens alimentaires au travers d’une nouvelle instance, l’Organisation des Nations Unies pour la Sécurité alimentaire, qui permettrait d’éviter les distorsions de concurrence, de protéger les pays dépendants des importations agricoles, et de tenir compte des enjeux environnementaux. Mais le chemin est encore long, reconnaissent les chercheurs : On sait qu’il s’agit là d’un chantier difficile qui ne fait que commencer.

Béatrice Héraud pour Novethic (France)
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